Séminaire 2012 de la Société Française de Félinotechnie : la reproduction féline

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Séminaire 2012 de la Société Française de Félinotechnie : la reproduction féline

Message par Eowyn le Lun 19 Nov 2012 - 15:24

Dans cette rubrique vous trouverez les compte-rendus des conférences que j'ai rédigés suite au séminaire de la Société Française de Félinotechnie qui s'est déroulé en mars 2012 et qui était consacré à la reproduction féline.


Dernière édition par Eowyn le Lun 19 Nov 2012 - 15:33, édité 1 fois

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Infertilité de la chatte

Message par Eowyn le Lun 19 Nov 2012 - 15:33

INFERTILITE DE LA CHATTE : ETAT DES LIEUX (conférence du Dr Vét. Alain Fontbonne)

Si les consultations pour infertilité féline sont en nombre croissant depuis quelques années, nos connaissances dans ce domaine sont encore imparfaites.
Chez la chatte, les résorptions embryonnaires sont une cause fréquente d’infertilité apparente. Ces résorptions passent généralement inaperçues lorsqu’elles ont lieu avant le 40ème jour de gestation. Il est donc essentiel que les propriétaires d’une chatte réputée infertile demandent à leur vétérinaire de réaliser une échographie, possible dès une quinzaine de jours de gestation, afin de mettre en évidence d’éventuelles résorptions des vésicules embryonnaires.
Face à un cas d’infertilité féline, les vétérinaires doivent adopter une démarche diagnostique rigoureuse, en recherchant d’abord les causes les plus communes, puis les plus rares.

1. L’absence de chaleurs ou anœstrus

1.1. L’absence de puberté ou anœstrus primaire

L’âge aux premières chaleurs est très variable : il dépend du type racial, du poids (en général, les chaleurs se déclenchent lorsque la chatte a atteint 70 à 80 % de son poids adulte soit 2,3 à 3 kg suivant la race) et de la saison. Si le poids est atteint en hiver la puberté sera retardée. Il n’est donc pas alarmant qu’une chatte d’un an n’ait pas encore eu ses premières chaleurs.
Certains médicaments devront être évités avant les premières chaleurs : progestagènes, corticoïdes (traitement du prurit) et antifongiques (traitement de la teigne). Dans ce dernier cas, l’apparition des premières chaleurs peut être retardée considérablement, mais rarement définitivement.
Il faut vérifier que la chatte n’est pas atteinte d’anomalies anatomiques de l’appareil génital ou d’ambiguïté sexuelle (hermaphroditisme, pseudo-hermaphroditisme, anomalies chromosomiques, syndrome du testicule féminisant).
La stérilisation précoce étant de plus en plus fréquente, il faudra vérifier que la chatte n’a pas été stérilisée en cherchant des traces de cicatrices ou en dosant la LH.
Enfin, de mauvaises conditions d’élevage (surpopulation féline, température excessive, manque de lumière, conflits, transports répétés, déménagement récent…) nuisent à l’apparition des chaleurs.
Si tout semble normal, un traitement lumineux doit d’abord être tenté, puis éventuellement un traitement hormonal pour déclencher les chaleurs.

1.2. L’absence de cyclicité chez la chatte adulte : anœstrus secondaire

Ce cas est plus fréquent que le précédent et le type racial joue un rôle prépondérant. Les chaleurs silencieuses ne sont pas rares, notamment chez des chattes timides. Des frottis vaginaux hebdomadaires permettent alors de se rendre compte quand la chatte est en œstrus.
L’éclairement joue ici encore un grand rôle. Si la lumière est faible plus de 10h par jour, les chattes ne seront le plus souvent plus cyclées. Le frottis vaginal permet de faire la distinction entre une chatte cyclée en interœstrus et une chatte en anœstrus.
Contrairement à la chienne, la chatte peut parfois présenter des chaleurs tout en sécrétant de la progestérone. Cependant une pseudo-gestation ou un kyste lutéal (kyste ovarien secrétant de la progestérone) peuvent bloquer la cyclicité. Face à une chatte non cyclée il faut donc doser la progestérone plasmatique.
Une échographie permettra de vérifier que les ovaires ne sont pas pathologiques. Il faudra également vérifier que la chatte n’a pas été stérilisée.
Si tous les examens sont normaux, un traitement lumineux d’abord, puis éventuellement un traitement hormonal en cas d’échec, peuvent être tentés pour déclencher les chaleurs.

2. Cyclicité excessive ou hyperœstrus ou nymphomanie

C’est le cas inverse, mais il peut conduire à une infertilité, notamment du fait des modifications utérines qu’il engendre. La nymphomanie augmente le risque de pyomètre et d’aplasie médullaire (anémie par arrêt de production des globules rouges).
Les chattes de type oriental peuvent avoir des chaleurs si rapprochées qu’on a l’impression qu’il y a une pathologie ovarienne. Ces chaleurs répétées peuvent favoriser une « glandulisation » de l’endomètre utérin, nuisant à l’implantation des embryons ou au développement des placentas.
Les tumeurs ovariennes sont rares chez la chatte, mais le type le plus fréquent produit des œstrogènes, entraînant parfois une cyclicité accrue. Beaucoup plus fréquents sont les kystes ovariens de type folliculaires oestrogéno-secrétants. L’échographie couplée au frottis vaginal permet de les diagnostiquer. Dans plus de 70% des cas, un seul ovaire est touché. On les suspecte d’être héréditaires. Leur apparition pourrait être favorisée par l’administration de gonadotropines (eCG pour induire les chaleurs). Les traitements médicaux de ces kystes sont dangereux car ils peuvent induire des pyomètres. Il faut préférer les traitements chirurgicaux (ponction-aspiration, kystectomie ou ovariectomie unilatérale).

3. Défaut d’accouplement


Il représente probablement la cause la plus fréquente d’infertilité chez la chatte. Elle peut être liée à une immaturité sexuelle des partenaires, un manque de libido du mâle, une agressivité excessive de la chatte ou du mâle, ou à des anomalies diverses comme une stomatite empêchant la prise au garrot, ou un anneau de poils autour du prépuce, rendant l’intromission du pénis dans le vagin impossible.
Des causes environnementales (transport trop récent de la chatte, peu de temps pour s’adapter au mâle…) peuvent aussi empêcher l’accouplement. Tout stress est très mauvais. La chatte devra parfois être conduite plusieurs jours à l’avance (avant qu’elle n’entre en chaleurs) sur le lieu de la saillie, pour qu’elle accepte l’accouplement.
Pour vérifier que ce dernier s’est bien déroulé, il faut observer le comportement de la chatte après une supposée saillie. Le signe le plus fiable est la présence de roulades frénétiques sur le dos. On peut aussi réaliser dans les minutes qui suivent un frottis vaginal, pour voir s’il y a des spermatozoïdes.
Plus rarement, certaines chattes acceptent le mâle sans être en chaleurs. Un frottis vaginal permettra de s’en rendre compte.
L’insémination artificielle pourrait être à terme une des solutions à un défaut d’accouplement.

4. Anovulation


Chez la chatte, l’ovulation est déclenchée par le coït, à condition que les pénétrations soient en nombre suffisant et assez rapprochées. Une seule pénétration ne déclenche l’ovulation que dans un cas sur deux. De plus, s’il se passe plus de 2 heures entre chaque coït, les chances d’ovulation sont plus faibles. L’optimum semble être 8 copulations en 4 heures.
Des kystes lutéaux, ou plus souvent une ovulation spontanée ayant eu lieu peu de temps avant la saillie, peuvent entraver les chances d’ovulation, sans pour autant bloquer les chaleurs. De ce fait, chez une chatte qui n’ovule pas après les saillies, il peut être utile de doser la progestérone juste avant les accouplements.
Il ne faudra pas utiliser de sédatifs chez les chattes agressives, car ils peuvent compromettre l’ovulation.
Pour savoir si l’ovulation a bien eu lieu, l’idéal est de doser la progestérone au moins 5 jours après le dernier accouplement.
En cas d’anovulation, des traitements hormonaux (hCG) ou des stimulations répétées du vagin avec un écouvillon (5 fois à 30 minutes d’intervalle) peuvent être tentés si le mâle a réussi à saillir une ou deux fois auparavant (présence de spermatozoïdes sur le frottis vaginal).

5. Ovulation mais absence de gestation


C’est le cas d’une chatte qui ovule mais soit n’est pas gestante lors du diagnostic précoce de gestation par échographie, soit montre des embryons en résorption. Avec de bons échographes, on peut réaliser cet examen dès 2 semaines à 2 semaines et demi après le dernier accouplement. En l’absence d’échographe, un dosage de relaxine sanguine (hormone produite par le placenta) peut être utile dans la mesure où le taux de cette hormone reste élevé quelques temps même en cas d’arrêt de gestation, et témoigne donc qu’une gestation avait bien commencé.

5.1. Pathologie utérine

L’endométrite, cause majeure d’infertilité chez la vache, la jument et la chienne, n’a pas été étudiée chez la chatte, mais il est probable qu’il en soit de même dans cette espèce. La seule méthode de diagnostic repose sur une biopsie chirurgicale de l’utérus, sur une chatte non gestante, vers 3-4 semaines après la saillie.
Chez les chattes qui vieillissent, l’hyperplasie glandulo-kystique peut compromettre la fécondation ou l’implantation des embryons et le développement des placentas. On peut l’observer à l’échographie avec des sondes à haute fréquence dès 1 à 2 semaines après un accouplement. Des traitements à base d’aglépristone ont été utilisés empiriquement avec succès.
Le mucomètre ou hydromètre (accumulation de mucus stérile dans l’utérus) n’est pas rare chez de jeunes chattes souffrant d’infertilité. Il pourrait être lié à une malformation du col utérin. Le diagnostic par échographie est facile mais le traitement est très décevant. Le plus souvent la chatte doit finalement être stérilisée.
Enfin, les tumeurs utérines sont rares chez la chatte, et le plus souvent bénignes.

5.2. Trouble hormonal


L’insuffisance lutéale est connue chez la chienne, mais n’a jamais été mise en évidence chez la chatte. Par précaution, lorsque la chatte est « vide » à l’échographie, il sera intéressant de doser la progestérone, à condition qu’elle ait déjà été dosée après la saillie et confirmé que l’ovulation avait eu lieu.

5.3. Mauvaise qualité de la semence du mâle


Ce sujet sera traité dans l’article sur l’infertilité du chat mâle.

5.4. Pathologie infectieuse

C’est probablement une cause majeure d’infertilité ou d’arrêt de gestation en élevage. Elle sera développée dans l’article suivant.

5.5. Troubles chromosomiques ou génétiques

Des défauts chromosomiques ou génétiques des embryons ou des fœtus peuvent déboucher sur des arrêts de gestation. En cas d’avortement tardif, il peut être utile d’effectuer un caryotype sur les avortons pour mettre en évidence d’éventuelles anomalies (monosomie 37, XO par exemple).

5.6. Troubles nutritionnels

Un régime alimentaire carencé en acides aminés essentiels – surtout en taurine - mais aussi en acide arachidonique ou en cuivre, peut entraîner de l’infertilité ou des arrêts de gestation.

EN CONCLUSION : quelle démarche pratique adopter face à une chatte infertile ?

Pendant les chaleurs, vérifier que les accouplements ont bien eu lieu et répétés avec une fréquence suffisante. On pourra réaliser un frottis vaginal après un accouplement pour visualiser les spermatozoïdes. Cinq jours au moins après le dernier accouplement, on dosera la progestérone plasmatique pour confirmer que l’ovulation s’est bien produite (très important !)
Il faudra demander un diagnostic précoce de gestation par échographie, dès 2 semaines à 2 semaines et demi après le dernier accouplement avec de bons échographes. En cas de non-gestation ou de résorption embryonnaire, des examens complémentaires (recherche de pathologie infectieuse, biopsie utérine, dosage de progestérone…) devront être entrepris.

Glossaire :

eCG : equine Chorionic Gonadotropin (analogue de la FSH = Follicle Stimulating Hormon).
Endomètre : muqueuse utérine.
hCG : human Chorionic Gonadotropin (analogue de la LH = Luteinizing Hormon).
Hermaphroditisme : présence simultanée de gonades mâles et femelles chez un individu.
Monosomie 37 : présence d’un seul chromosome 37 sur le caryotype au lieu de deux.
XO : présence d’un seul chromosome sexuel (le chromosome X) sur le caryotype, au lieu de deux.

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Les maladies infectieuses en reproduction

Message par Eowyn le Lun 19 Nov 2012 - 15:54

LES MALADIES INFECTIEUSES AYANT UNE IMPLICATION SUR LA REPRODUCTION FELINE (conférence du Dr Vét. Anne Gogny)

Un grand nombre de maladies infectieuses sont susceptibles de retentir directement ou indirectement sur la reproduction féline. Il est à noter que, dans l’espèce féline, les maladies spécifiques de l’appareil reproducteur sont peu fréquentes, ou encore mal identifiées.
Les virus responsables de baisse des performances reproductrices sont surtout ceux de la leucose, de la panleucopénie, de la calicivirose, de l’herpès virose, de la péritonite infectieuse féline et de l’immunodéficience féline. Parmi les bactéries, les agents les plus fréquents sont des bactéries opportunistes, et plus rarement Chlamydophila felis.

Chez le mâle :

Toutes les maladies infectieuses qui engendrent une hyperthermie prolongée provoquent une altération de la qualité du sperme et une diminution du volume testiculaire. Une fois la maladie traitée, les effets sur le testicule et le sperme sont généralement de courte durée et réversibles.
De même, les infections qui entravent le comportement sexuel (gingivites, douleurs articulaires) interfèrent de façon indirecte avec la reproduction.
Les infections spécifiques de l’appareil génital ne sont pas décrites chez le chat mâle. Mais certaines maladies générales peuvent avoir des localisations génitales. C’est notamment le cas de la péritonite infectieuse féline (PIF) : une localisation testiculaire est possible (tunique vaginale). Des orchites dues à la PIF ont également été décrites. C’est aussi le cas lors d’épididymite : chez le chat, les épididymites décrites sont bactériennes. Elles proviennent d’infections ascendantes depuis l’urètre via le conduit déférent, ou d’une contamination par voie sanguine. Les bactéries identifiées dans les cas publiés sont habituellement non pathogènes, mais peuvent le devenir dans des conditions qui leur sont favorables.
Les balanopostites (infections du pénis), abcès prostatiques et infections des glandes bulbo-urétrales sont très rares chez le chat.
En revanche, le chat mâle peut servir de vecteur de maladies générales qui ont un impact sur la fertilité ou sur la portée. Ces maladies sont développées ci-dessous.

Chez la femelle :

Certaines maladies de la femelle limitent le coït (vaginite), ou provoquent des résorptions embryonnaires ou des avortements. D’autres ont un effet qui s’exerce surtout sur la santé des chatons nouveau-nés.

1. La leucose

Le FeLV (feline leukemia virus) est le virus le plus souvent en cause dans l’infertilité de la chatte. Seuls les chats virémiques sont contagieux. Les voies de transmission sont en premier lieu la salive, secondairement la voie transplacentaire. Les chatons nouveau-nés sont surtout contaminés par léchage lors des soins maternels. Les chatons infectés à ce stade deviennent souvent virémiques permanents car le virus s’installe dans la moelle osseuse et les tissus lymphoïdes. Ces animaux représentent donc des sources importantes de dissémination de la maladie.
Le virus peut aussi être transmis par contact indirect (instruments médicaux, transfusion sanguine…).
Lorsque les chats sont infectés à l’âge adulte, ils parviennent le plus souvent à éliminer le virus en quelques semaines à quelques mois. Mais si la réponse immunitaire du chat n’est pas suffisante, le virus se loge dans la moelle osseuse. Bien qu’ils aient éliminé le virus de leur sang, ces chats restent porteurs du virus : ils sont dits « infectés latents ». S’ils sont placés dans des conditions défavorables (stress, gestation…) ils peuvent développer la maladie.
Les maladies associées au virus de la leucose sont surtout des cancers et une immunodépression. Celle-ci favorise le développement de maladies opportunistes (calicivirose par exemple). Les signes cliniques peuvent apparaître plusieurs années après la contamination.
Les effets du FeLV sur la reproduction sont une mort embryonnaire ou fœtale, qui se traduit par une résorption embryonnaire ou un avortement. Les troubles de la reproduction peuvent être la seule manifestation de la maladie. Une métrite peut se développer après les expulsions d’avortons.
Les chatons nés de mères virémiques souffrent souvent d’une atrophie du thymus et meurent dans les deux semaines qui suivent leur naissance. Ceux qui survivent deviennent virémiques infectés permanent.
La transmission du virus par le sperme n’a jamais été étudiée.
La vaccination prévient la maladie.

2. La panleucopénie

La panleucopénie, ou typhus, est provoquée par un parvovirus. Très résistant, ce virus survit plusieurs mois voire plusieurs années dans le milieu extérieur. Toutes les sécrétions organiques (urine, fèces, salive, sang…) sont des sources de contagion, pendant plusieurs semaines.
Les signes cliniques sont digestifs (diarrhée souvent intense), associés à des troubles sanguins (diminution des cellules sanguines) et une baisse de l’immunité. Un certain nombre d’animaux ne montrent toutefois aucun signe clinique, tout en étant effectivement contagieux. Chez les femelles qui sont infectées pendant la gestation, le virus peut franchir le placenta et infecter les embryons et les fœtus. Cette infection engendre des résorptions embryonnaires, des avortements ou des momifications fœtales. Le plus souvent la mère n’est pas malade, de sorte que l’infection par le parvovirus n’est pas suspectée.
Certaines femelles infectées peuvent aussi mener leur gestation à terme. Dans ce cas les chatons qui naissent présentent des signes neurologiques, le plus souvent de type ataxie.
La vaccination est relativement efficace, mais elle ne protège pas complètement : des cas sur des chatons vaccinés, ou dont la mère avait été vaccinée, ont été rapportés.
La transmission génitale du parvovirus entre reproducteurs n’a pas été établie à ce jour.

3. L’herpès virose


L’herpès virus est impliqué dans le syndrome coryza. Il se transmet essentiellement par voie aérienne. Lors de la première infection, les signes cliniques sont respiratoires, et parfois intenses. Après guérison, les chats restent porteurs du virus dans 80% des cas. Le virus se réactive à l’occasion d’un stress. Ceci explique que la période de reproduction soit particulièrement propice à la transmission du virus, et justifie d’isoler les femelles qui vont mettre bas.
Expérimentalement, si le virus est inoculé pendant la 2nde moitié de la gestation, les fœtus meurent, ce qui donne lieu à un avortement. La contamination expérimentale par voie génitale provoque une vaginite.
Dans les conditions naturelles, les principales cibles de la maladie sont les chatons. L’herpès virose représente une cause importante de mortalité néonatale. Néanmoins, tous les chatons ne meurent pas, et il a été démontré que, chez les jeunes chats, l’infection est possible sans qu’il n’y ait de signes cliniques. Ces chats peuvent donc devenir porteurs du virus sans qu’on le suspecte.
La présence d’herpès virus dans le sperme n’a pas été démontrée chez le chat.
Il existe un vaccin efficace contre la maladie, mais il ne protège pas de l’infection.

4. La calicivirose

Le calicivirus est aussi un agent du syndrome coryza. La calicivirose existe sous plusieurs formes, dont l’une est particulièrement dangereuse, avec une mortalité avoisinant les 60%. Cette forme est heureusement très rare.
Le virus est transmis par contact direct et par voie aérienne. Sa transmission par voie génitale n’est pas connue. En revanche, la transmission indirecte via les humains est possible. Le contact avec un objet contaminé (table de soins par exemple) peut également suffire. Le lavage des mains avec une solution hydro-alcoolique et la désinfection des surfaces avec un produit adapté permettent de limiter la contagion indirecte.
La forme la plus classique de la maladie occasionne des symptômes respiratoires (rhinite, éventuellement stomatite avec des ulcères de la langue). Certains chats sont porteurs asymptomatiques.
Les chatons sont très sensibles à la maladie et la mortalité est élevée dans cette classe d’âge.
Chez les reproductrices non vaccinées, la calicivirose peut provoquer des avortements, et ce même en l’absence d’autres signes cliniques. Les cas identifiés sont cependant assez rares. Les femelles porteuses du virus peuvent contaminer leurs petits, et ceux-ci devenir malades ou porteurs à leur tour.
Le vaccin protège très bien contre certaines souches du virus, mais pas contre toutes. Les chats vaccinés peuvent devenir porteurs, même s’ils ne sont pas malades.

5. La péritonite infectieuse féline (PIF)

La péritonite infectieuse féline est due à un coronavirus. Très fréquent dans la population féline, le coronavirus ne provoque le plus souvent aucune maladie, ou des diarrhées bénignes. Cependant, chez environ 10% des chats porteurs, le coronavirus subit une mutation qui le rend très pathogène. Dans ce cas il peut provoquer une PIF.
Seule la mutation du virus étant à l’origine de la maladie, la transmission de la PIF entre chats est quasi inexistante. Les facteurs qui déclenchent la mutation ne sont pas clairement identifiés : le stress, des prédispositions génétiques, un nombre élevé de chats et le temps depuis lequel l’élevage existe sont des facteurs de risque.
Lorsqu’elle se déclare, la PIF peut prendre 2 formes : une forme dite « sèche », qui se manifeste par des lésions granulomateuses des organes touchés, et une forme dite « humide », qui se caractérise par des épanchements thoraciques ou abdominaux. Dans les 2 cas il n’existe pas de traitement et l’évolution est mortelle.
La transmission placentaire existe, mais n’est pas fréquente. La classe d’âge la plus touchée est celle des chatons de plus de 3 mois.
Sur le plan diagnostique, la PIF n’est pas facile à mettre en relation avec des pertes reproductrices, car l’identification du coronavirus chez la femelle ne permet pas de lui attribuer l’avortement constaté.

6. Le FIV

Le virus de l’immunodéficience féline est un lentivirus. Il est transmis par la salive (morsures) et le sang (transfusions sanguines).
Les signes cliniques de l’infection initiale ne sont pas caractéristiques (légère fièvre) et passent souvent inaperçus. Par la suite, le virus s’installe dans l’organisme, et la maladie peut apparaître après quelques années (3 à 5 ans en moyenne). Elle se manifeste surtout par des signes buccaux et respiratoires, liés à l’immunodépression.
Chez les reproductrices, le FIV provoque des avortements ou la naissance de chatons non viables. Le virus est capable de franchir la barrière placentaire, on le retrouve également dans le colostrum et le lait, ainsi que dans les secrétions vaginales. 70% des chatons nés de mère infectée sont contaminés.
La présence d’anticorps anti-FIV dans le colostrum semble protéger partiellement la portée, mais ces anticorps disparaissent en quelques semaines. Ils peuvent néanmoins persister jusqu’à l’âge de 5 mois chez certains individus, interférant avec le dépistage des chatons (faux positifs).
Le FIV est présent dans le sperme et peut être transmis par voie vaginale. Le mâle peut être contagieux avant même de pouvoir être dépisté positif, car les anticorps n’apparaissent que plusieurs semaines après la contamination.
Il n’existe pas de vaccin contre le FIV. La prévention passe par le dépistage des adultes, avant leur entrée dans l’élevage ou avant la saillie.

7. La chlamydiose

La chlamydiose est due à une bactérie, Chlamydophila felis. La maladie se manifeste par une conjonctivite, qui peut être associée à des signes respiratoires, et frappe le plus souvent les jeunes âgés de moins d’un an. La maladie apparait le plus souvent avant 2 semaines ou après 6 à 12 semaines d’âge. Les adultes peuvent être porteurs asymptomatiques de la bactérie. Chez ces animaux, la maladie peut se réactiver à l’occasion d’un stress. A chaque fois qu’ils sont malades, les chats redeviennent une source de virus pour les autres. La maladie est plus répandue dans les élevages que chez les chats qui vivent seuls.
La bactérie a été retrouvée dans les secrétions vaginales de chattes malades, et ce plusieurs mois après les signes ophtalmiques. La chlamydiose pourrait être impliquée dans des avortements, mais ce n’est pas prouvé à ce jour. La transmission sexuelle n’a pas été démontrée non plus.
La chlamydiose peut être traitée avec des antibiotiques.

8. Les autres infections bactériennes


Les infections bactériennes qui conduisent à une infertilité sont relativement fréquentes, mais les germes responsables ne sont pas spécifiques. On peut retrouver des Escherichia coli, des streptocoques ou des staphylocoques. Elles traduisent des erreurs sanitaires à des moments critiques de la reproduction, ou des erreurs dans la conduite de l’élevage. Il n’est pas rare qu’elles soient associées à des troubles parasitaires qui aggravent les troubles de la reproduction.
Par ailleurs, les maladies utérines telles que la métrite post-partum retardent l’involution de l’endomètre et peuvent provoquer des lésions locales plus ou moins réversibles.

Conclusion :

Chez le chat, la plupart des maladies infectieuses impliquées dans les troubles de la reproduction sont dues à des germes non spécifiques. Elles peuvent facilement être prévenues par des mesures sanitaires simples : dépistage des animaux lors de leur entrée dans l’élevage, quarantaine pour les nouveaux arrivants ou pour les chats qui ont circulé à l’extérieur de l’élevage, vaccinations ciblées et régulières, conduite d’élevage appropriée (maternité pour séparer les jeunes non sevrés des adultes, précautions pour la circulation des personnes).

Glossaire :

Ataxie : troubles de la coordination motrice.
Tunique vaginale : membrane enveloppant le testicule.
Virémie : présence de virus dans le sang.


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Infertilité du chat

Message par Eowyn le Lun 19 Nov 2012 - 16:47

INFERTILITE DU CHAT MALE : ETAT DES LIEUX (conférence du Dr Vét. Alain Fontbonne)

L’infertilité du chat mâle est encore très peu étudiée. De ce fait, les connaissances à ce sujet sont très fragmentaires et encore très empiriques.
Nous ne parlerons pas ici des maladies infectieuses qui sont abordées par ailleurs (conférence du Dr Vét. Anne Gogny).

1. Anomalies anatomiques congénitales

Grace à un examen clinique approfondi, il faut vérifier que le chat n’est pas atteint d’anomalies anatomiques de l’appareil génital, ni d’ambigüité sexuelle.

2. Incapacité de l’accouplement

Une immaturité ou des causes comportementales peuvent être à l’origine de défaut d’accouplement chez le chat. Les spicules péniens étant androgéno-dépendants, on peut rechercher leur présence pour voir si le chat a suffisamment de testostérone. Certains mâles ne savent tout simplement pas « comment s’y prendre » pour la saillie, les éleveurs expérimentés peuvent les aider lors de l’accouplement.
Rappelons que le mâle doit avoir une libido suffisante pour répéter les coïts à une fréquence permettant de déclencher l’ovulation. L’optimum semble être 8 copulations en 4 heures.
Par analogie avec ce qui est parfois effectué chez le chien, on peut essayer d’augmenter la testostérone – et éventuellement la libido – en injectant de l’hCG, 50 UI/kg par voie intramusculaire, 1 à 2 heures avant un accouplement.
Des causes anatomiques ou pathologiques peuvent être à l’origine d’un défaut d’accouplement, par exemple une stomatite empêchant la prise au garrot. Dans les races à poil long, un anneau de poils peut se former en avant du prépuce, empêchant ainsi la pénétration.

3. Mauvaise qualité de la semence


Comme chez la femelle, les stéroïdes et traitements de la teigne peuvent altérer la semence. Il faut vérifier que le chat ne souffre pas de cystite ou de lithiase urinaire, qui modifie le pH du sperme. Rechercher aussi une hyperthermie testiculaire (qui peut témoigner d’une orchite, d’une inflammation de la zone par léchage répété, d’une allergie…). Les tumeurs testiculaires sont assez rares. La qualité de la semence est également moindre chez les chats trop jeunes ou trop vieux.

3.1. Influence de la saison sur la qualité de la semence

Sous nos climats, la semence semble être de meilleure qualité vers la fin de l’hiver et au printemps, notamment le nombre de spermatozoïdes mobiles. Il en est de même pour le taux de testostérone sanguin.

3.2. Récolte de la semence chez le chat


La semence peut être récoltée à l’aide d’un vagin artificiel ou par électro-éjaculation. Le sperme épididymaire peut également être récupéré par ponction ou dissection chirurgicale post-mortem de l’épididyme après castration ou décès de l’animal.
La récolte manuelle à l’aide d’un vagin artificiel nécessite un entraînement du chat.
L’électro-éjaculation est la méthode la plus utilisée. Elle nécessite une anesthésie générale.
Récemment, une technique de récolte par sondage urétral simple a été décrite : une anesthésie à la médétomidine à forte dose provoque l’élimination de spermatozoïdes dans l’urètre, sans éjaculation complète.
Le nombre de spermatozoïdes récoltés est peu affecté par le type de technique. Néanmoins, l’électro-éjaculation tend à augmenter le volume des sécrétions prostatiques et donc, le volume des éjaculats recueillis.

3.3. Conservation de la semence

La semence peut être conservée par réfrigération ou par congélation. Les procédures de congélation sont encore expérimentales chez le chat. La conservation de la semence des félins est assez difficile du fait de la mauvaise qualité (tératospermie) fréquente du sperme des félins. La réussite de la congélation de la semence est donc encore aléatoire, et il n’existe pas en France de banque de semence agréée par le LOOF.
Si vous souhaitez congeler le sperme d’un chat, envoyez un mail à afontbonne@vet-alfort.fr et prévoyez de passer un après-midi à Maisons-Alfort.

3.4. La tératospermie chez les félins

La tératozoospermie (ou tératospermie), c’est-à-dire la production de nombreux spermatozoïdes porteurs d’anomalies morphologiques, est observée chez au moins 28 espèces de félidés sur les 37 existantes. Le chat ne fait pas exception à la règle, bien qu’il soit l’une des espèces les moins touchées par ce problème.
Il y a plus de tératospermie chez les chats de race que chez les chats de gouttière, et il semblerait que la consanguinité favorise la tératospermie. Cette tératospermie est parfois accompagnée d’oligozoospermie (faible nombre de spermatozoïdes par éjaculat) et d’asthénozoospermie (faible mobilité des spermatozoïdes). Plus le sperme est porteur d’anomalies spermatiques, moins le chat serait fertile. Toutefois, on ne sait pas très bien si la tératospermie diminue toujours la fertilité ou non.
Un mécanisme adaptatif semble s’être mis en place chez les félins : ceux-ci produisent plus de spermatozoïdes par gramme de tissu testiculaire que la plupart des autres mammifères.
La congélation d’un éjaculat tératospermique est plus aléatoire. Des études récentes visent à sélectionner les spermatozoïdes normaux grâce à des techniques de laboratoire afin de ne congeler que de la semence de bonne qualité, qui pourra ensuite être utilisée en insémination artificielle. L’insémination intra-cytoplasmique (ICSI) a également déjà été pratiquée chez le chat aux USA. Tout ceci ne fait encore partie que de la recherche.

En conclusion, les causes de l’infertilité du chat mâle et les moyens d’améliorer la qualité de la semence sont encore mal connues. Des études plus nombreuses sont nécessaires.



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Maîtrise de la reproduction

Message par Eowyn le Lun 19 Nov 2012 - 16:53

MAITRISE DE LA REPRODUCTION FELINE : PREVENTION ET INDUCTION DES CHALEURS, PREVENTION DU MARQUAGE (conférence du Dr Vét. Fernando Mir)

1. Rappels de physiologie dans l’espèce féline

Les chattes sont des animaux à poly-œstrus saisonnier. Le repos sexuel est lié à la sécrétion de mélatonine pendant les heures d’obscurité. A contrario, l’augmentation de la luminosité journalière permet l’apparition des chaleurs. La race et d’autres facteurs environnementaux vont influencer l’apparition des chaleurs : une température douce, des contacts sociaux avec d’autres chattes (surtout si elles sont en chaleurs), la présence de mâles sont favorables. Inversement, les chaleurs peuvent êtres retardées par des facteurs de stress tels que des nuisances (surpopulation), une mauvaise hygiène de l’environnement, des températures extrêmes etc…
Sur le plan hormonal, la mélatonine est secrétée par la glande pinéale et inhibe la sécrétion de GnRH par l’hypothalamus. La sécrétion pulsatile de GnRH par l’hypothalamus stimule la sécrétion de FSH et de LH par l’hypophyse. La FSH et la LH stimulent la fonction ovarienne chez la femelle et l’androgenèse chez le mâle.

2. Prévention des chaleurs chez la chatte

Il n’existe pas de solution idéale pour prévenir et induire les chaleurs chez la chatte, mais plusieurs méthodes sont envisageables.

2.1. L’obscurité et la mélatonine


L’obscurité a pour effet de stimuler la sécrétion de mélatonine. Une méthode naturelle de prévention des chaleurs consiste à exposer la chatte à la lumière moins de 8 heures par jour. Elle permet aussi d’exclure l’hypothèse de kystes ovariens folliculaires, car si ces kystes sont présents la chatte reste en chaleurs.
Souvent, le retour en chaleurs survient dès que la chatte est remise aux conditions de luminosité préalables.
L’effet « obscurité » peut être mimé par l’administration de mélatonine sous forme de comprimés (MELATOLND, Elisium, Argentine) à raison de 4 mg/chatte/j ou sous forme d’implant (MELOVINEND, Ceva Santé Animale, France). Cette dernière est probablement la forme la plus intéressante. Cette méthode de stérilisation chimique est en cours d’étude. Il semble que l’implantation en inter-œstrus permet une suppression des chaleurs plus durable, entre 2 et 4 mois. Le retour à la fertilité semble aisé.

2.2. La progestérone et les progestagènes


Les chattes secrètent naturellement de la progestérone après l’ovulation. La progestérone inhibe l’apparition des chaleurs, même s’il arrive parfois que certaines chattes présentent des chaleurs en début de gestation. On peut mettre à profit la sécrétion naturelle de progestérone en la provoquant chez la chatte en chaleurs par des stimulations vaginales à l’aide d’un écouvillon (5 séries de stimulations à 30 minutes d’intervalle) ou en la faisant saillir par un chat vasectomisé ou un vieux chat castré « expérimenté ».
Les dérivés synthétiques de la progestérone ont été classiquement utilisés comme méthode de prévention et de suppression des chaleurs. Mais le risque d’apparition d’effets secondaires parfois graves (tumeurs ou fibroadénomatose mammaire, pyomètres ou hyperplasies glandulo-kystiques de l’utérus, diabète sucré, prise de poids, infertilité…) amène à recommander de moins en moins leur utilisation. En cas d’utilisation des progestagènes, l’administration doit être espacée au maximum et réservée aux périodes d’activité sexuelle. Les progestagènes sont formellement contre-indiqués chez les chattes pré-pubères, en cas de gestation (risque élevé de rétention fœtale), chez des chattes souffrant d’affections de l’appareil génital (y compris des mamelles) et en cas de diabète sucré.

2.3. Les agonistes de la GnRH


La GnRH (Gonadotrophin Releasing Hormone) est secrétée par l’hypothalamus et exerce son action au niveau de l’hypophyse. Elle stimule la sécrétion des gonadotrophines FSH (Follicle Stimulating Hormone) et LH (Luteinizing Hormone) responsables respectivement du développement folliculaire et de l’ovulation.
L’administration ponctuelle d’un agoniste de la GnRH induit une sécrétion des gonadotrophines. Mais en cas d’administration continue, le produit finit par désensibiliser les récepteurs hypophysaires, ce qui fait chuter la sécrétion de gonadotrophines. La fonctionnalité des gonades est inhibée et une véritable stérilisation chimique s’installe.
L’efficacité de la desloréline (SUPRELORINND 4,7 mg, Virbac, France) comme méthode de stérilisation chimique de la chatte a fait l’objet d’une étude en 2010. Dans les jours qui suivent l’implantation, une augmentation de la sécrétion d’œstradiol se traduit par l’apparition de chaleurs, souvent accompagnées d’une ovulation spontanée. La désensibilisation hypophysaire s’installe 2 à 4 semaines plus tard. Cet effet inhibiteur dure de 6 à 24 mois (en moyenne 11 mois). Aucun effet secondaire majeur n’a encore été observé, hormis une prise de poids inhérente à toute stérilisation en l’absence d’une réduction des apports énergétiques. Il faut souligner la survenue possible de chaleurs en début de traitement, les contacts avec des mâles entiers devront être évités pendant toute la durée de ces chaleurs. En cas d’implantation d’une chatte gestante, les implants peuvent provoquer l’avortement, mais cet effet n’est pas systématique. Il est donc conseillé d’exclure toute possibilité de gestation avant de stériliser chimiquement une chatte.
Le retour à la fertilité n’a pas encore été étudié scientifiquement. Seuls quelques cas isolés font état de gestation après stérilisation par des implants, permettant d’entrevoir une perspective positive à ce sujet.

3. L’induction des chaleurs

3.1. La gestion de l’environnement

On peut mimer la saison favorable pour induire les chaleurs : un éclairage de 300 lux (permettant de lire le journal) pendant 14h/jour (ou éventuellement 9h/jour le 1er mois, puis 14h/jour le 2ème mois). Il faut environ 3 semaines avant que les chaleurs n’apparaissent. Il faut éviter l’éclairement continu, et respecter quelques mois de repos sinon il y a un risque de désensibilisation.
La température doit être douce (20 à 25 °C), la ventilation adaptée et l’humidité correcte.
Il faut également favoriser les contacts sociaux (autres chattes en chaleurs, visualisation des mâles) et habituer les chats à la présence de personnes et aux manipulations.
Il faut minimiser le stress en évitant la surpopulation et les nuisances sonores, en offrant une hygiène appropriée (chatterie, toilettage…) et des points en hauteur ainsi qu’un éventuel accès à une partie extérieure de la chatterie.

3.2. L’induction médicale des chaleurs

L’induction des chaleurs passe actuellement par l’utilisation des gonadotrophines. Les félidés étant très sensibles aux analogues de la FSH (PMSG = eCG), une seule injection intramusculaire de 100 UI suffit pour induire des chaleurs en moins de 24h chez la chatte.

3.3. L’induction de l’ovulation


Le moment optimal pour induire l’ovulation semble être entre le 3ème et le 5ème jour des chaleurs. L’ovulation peut être obtenue soit par stimulation vaginale (coït ou coton-tige), soit par injection intramusculaire de 75 à 100 UI de hCG (CHORULONND).
Le traitement avec les gonadotrophines n’est pas exempt de contraintes. Les analogues de la FSH ont une action rémanente qui peut générer une hyperstimulation ovarienne avec un développement différé de follicules ovariens accessoires 5 à 7 jours après la première ovulation. L’hCG peut également induire une folliculogenèse.
Les principaux risques liés au traitement par les gonadotrophines sont une diminution de la qualité des ovocytes ainsi que la sécrétion aberrante d’œstradiol par les follicules secondaires, ce qui peut perturber la maturation embryonnaire, l’implantation et le maintien de la gestation.
A l’avenir, des agonistes de la GnRH pourront peut-être être utilisés comme méthode d’induction des chaleurs et de l’ovulation (par exemple en ne laissant en place l’implant de desloréline que quelques jours).

4. Prévention du marquage chez le chat mâle


Les implants de desloréline (SUPRELORINND 4,7 mg) constituent le moyen le plus intéressant de castration chimique chez le chat. Après l’implantation, la libido est d’abord augmentée, puis elle est significativement réduite 11 à 16 semaines après l’implantation ; des chevauchements restent possibles lors de contacts avec des chattes en chaleurs. L’infertilité temporaire est obtenue en 6 semaines environ. La taille des testicules diminue et les spicules péniens disparaissent. L’agressivité envers les autres chats et le marquage urinaire diminuent généralement. Comme chez la chatte, l’infertilité dure en moyenne 11 mois (6 à 24 mois). Les premiers spermatozoïdes apparaissent 5 à 9 semaines après le retour de l’activité reproductrice, mais la récupération complète de la fertilité prend 6 mois. Le seul effet secondaire qui a été observé jusqu’à présent est une prise de poids.

Conclusion :

- Les implants de desloréline sont une méthode de stérilisation réversible très intéressante chez le mâle comme chez la femelle. Leur inconvénient est une durabilité très variable, en outre on ne peut pas garantir que 100 % des animaux pourront reproduire par la suite.
- Dans l’avenir, les implants de mélatonine pourraient être développés.
- La gestion de l’environnement de la chatterie joue un rôle majeur dans la maîtrise des chaleurs.


Dernière édition par Eowyn le Mar 20 Nov 2012 - 14:20, édité 1 fois

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Re: Séminaire 2012 de la Société Française de Félinotechnie : la reproduction féline

Message par virginie le Lun 19 Nov 2012 - 18:36

Woauh, quel boulot Doc ! Merci de partager tout ça ! cheers

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Re: Séminaire 2012 de la Société Française de Félinotechnie : la reproduction féline

Message par Félix le Lun 19 Nov 2012 - 21:27

Magnifique travail.
Les effets secondaires de implants de desloréline ne sont-ils pas les mêmes que ceux de la stérilisation?
Il semble que les chats sous implants contraceptifs prenne du poids?
On m'a rapporté qu'en exposition certains chats d'une stature inhabituelle soient appréciés des juges. Renseignements pris, les susdits chats étaient sous implants contraceptif. Qu'y a-til de vraisemblable?

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Re: Séminaire 2012 de la Société Française de Félinotechnie : la reproduction féline

Message par Eowyn le Mar 20 Nov 2012 - 14:16

Oui il est logique de retrouver les effets de la castration chez les chats sous implant, puisque le taux de testostérone est fortement diminué.

Il y a pas mal d'éleveurs de norvégiens qui exposent des mâles sous implant, ça a d'ailleurs fait débat car les autres accusent ceux qui mettent leurs mâles sous implant de "triche" car ils sont en meilleure condition, avec un beau poil.

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Re: Séminaire 2012 de la Société Française de Félinotechnie : la reproduction féline

Message par Félix le Mar 20 Nov 2012 - 14:40

C'est bien là le problème. On m'a parlé de cela chez les Chartreux.
Médicalement parlant, c'est secondaire.

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Alimentation des reproducteurs

Message par Eowyn le Mar 20 Nov 2012 - 14:44

QUELLE ALIMENTATION POUR LES REPRODUCTEURS FELINS ? (conférence du Dr Vét. Géraldine Blanchard)

1. Alimentation de la future reproductrice

Il existe peu de données sur l’alimentation des reproducteurs chez le chat. En général, la femelle régule bien son appétit. En cas de surpoids, il y a un risque de dystocie et de production insuffisante de lait. Si le poids est insuffisant, les chatons risquent de ne pas être viables. Les chattes reproductrices sans problème peuvent être nourries avec un aliment « croissance » en permanence. Au cours de la gestation, la consommation d’aliment augmentera progressivement, de 30 à 90 %. Pour l’allaitement elle augmentera de 100 à 200 % suite à la mise-bas puis elle diminuera lors du sevrage.

2. Alimentation en gestation

La chatte en gestation a besoin d’une alimentation plus énergétique afin de minimiser le volume à ingérer et à digérer. Il faut augmenter la quantité de lipides, le ratio protéines/énergie, les acides aminés indispensables (dont la taurine) et les acides gras essentiels (oméga 6 et oméga 3), augmenter sans excès les minéraux, vitamines et oligo-éléments, augmenter l’eau (favoriser l’abreuvement) et diminuer la quantité de glucides.
Le besoin en protéines est élevé pour couvrir le besoin accru en acides aminés et le besoin en glucose grâce à la néoglucogenèse à partir des acides aminés. Une carence en taurine chez la chatte provoque des résorptions embryonnaires, des avortements, des malformations et des retards de croissance. Les situations à risque sont un aliment inadapté, trop pauvre en protéines, ou sous-consommé. En cas de doute on peut doser la taurine (elle doit être > 40 nmol/l dans le plasma, > 200 nmol/l dans le sang total).
Une carence en acide linoléique provoque un pelage terne, des lésions cutanées, une mauvaise cicatrisation et un retard de croissance. Une carence en acide arachidonique provoque des troubles sanguins et des chatons non viables (l’acide arachidonique se trouve dans la viande).
Une carence en minéraux et vitamines (chat nourri seulement avec de la viande ou du poisson par exemple) provoque des fractures et des déformations osseuses.

Avantages et inconvénients des rations mixtes :
- Croquettes : adaptées si la composition est adaptée (les choisir riches en protéines et lipides, peu riches en amidon). Si la consommation de croquettes est limitée, ajouter un aliment complet plus pauvre en amidon et/ou une part ménagère à la ration.
- Aliments humides : équilibrés si tout est consommé (attention aux chats qui ne prennent que la sauce des bouchées en sauce). Si la consommation est limitée ou l’aliment peu apprécié : proposer aussi un aliment complet sec adapté, et/ou ajouter une part ménagère à la ration.
- Courgettes, yaourt, fromage : en quantité raisonnable, ne déséquilibrent pas la ration.
- Viande ou poisson +/- gras : doivent être associés à un complément minéral vitaminé apportant calcium, vitamines et oligo-éléments, mais sans phosphore.
Durant la gestation, l’alimentation de la mère doit être adaptée qualitativement dès le début de la gestation, et mise à disposition à volonté sauf s’il y a un risque de surconsommation.

3. Alimentation en lactation


Durant l’allaitement, la mère et les chatons doivent être pris en compte. La consommation énergétique de la mère augmente tout au long de la lactation. Les chatons consomment tôt des aliments solides (après la 3ème semaine d’âge) ; il faut leur en mettre à disposition pour préparer le sevrage. L’objectif étant de rendre les chatons faciles à nourrir, il faut proposer une diversité alimentaire à la mère, durant la gestation, la lactation et le sevrage, car le chaton apprécie ce que sa mère a consommé, y compris durant la gestation. Les chatons acceptent plus facilement un aliment nouveau si leur mère y est habituée ou si elle est présente. Ils préfèrent l’aliment avec lequel ils ont été sevrés. Il ne faut pas donner trop de croquettes à un jeune chaton car elles sont trop riches en amidon, ce qui peut provoquer des troubles digestifs. Il faut préférer la pâtée, moins riche en amidon.

En pratique : comment préserver l’équilibre alimentaire ?

On peut proposer un ou plusieurs aliments complets et équilibrés adaptés au chaton (sec et humide). On peut donner 10 à 20 g/j et par chat de viande ou poisson (ou crevettes sans carapace, queues décortiquées fraîches ou congelées), du yaourt, du fromage et des légumes en petite quantité. Si l’on augmente la proportion de viande ou poisson il faut ajouter un complément minéral vitaminé (pour 30g/j de viande : ¼ de dose, pour 50 à 60g/j de viande : ½ dose).
Attention aux grands sacs de croquettes qui favorisent l’oxydation des graisses, avec un risque de sous-consommation, diarrhées, troubles dermatologiques… Les croquettes doivent être conservées à 4°C, dans leur sac d’origine.

Glossaire :

Acides aminés : éléments constituant les protéines.
Dystocie : mise-bas ne se déroulant pas normalement.
Glucides : hydrates de carbone, sources d’énergie. On distingue les glucides simples (glucose, saccharose, fructose…) et les glucides complexes (amidon, glycogène…) aussi appelés respectivement sucres rapides et sucres lents.
Lipides : esters d’acides gras (acides gras, cholestérol…).
Protéines : composés organiques jouant un rôle structurel (muscles, cartilages, peau, poils…) ou fonctionnel (enzymes, hormones, chromosomes…).


Dernière édition par Eowyn le Ven 25 Jan 2013 - 10:59, édité 1 fois

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Mise-bas et néonatalogie

Message par Eowyn le Mar 20 Nov 2012 - 15:05

NEONATALOGIE ET GESTION DE LA MISE-BAS CHEZ LE CHAT : POINT D’ACTUALITE (conférence du Dr Vét. Anne Gogny)

La gestation et la naissance sont deux périodes clés pour le succès de la reproduction. Chez le chat, ces événements se passent généralement sans difficulté et les humains n’ont pas besoin d’intervenir. Néanmoins, un incident peut survenir, et il est important d’y faire face dans les meilleures conditions : insuffisamment pris en charge, les anomalies de la mise-bas ou les troubles de la période néonatale ont souvent des conséquences graves pour les animaux.
En raison de leurs capacités de régulation réduites, les animaux très jeunes sont soumis à des troubles particuliers. La prise en charge des chatons nouveau-nés passe donc d’abord par la connaissance de leur biologie spécifique. Ceci permet de mettre en œuvre les gestes les plus adaptés dès la naissance, et d’éviter des erreurs irréversibles.

La gestion de la mise-bas chez la chatte

1. Déterminer la date de la mise-bas

Connaître la date de la mise-bas permet d’organiser la prise en charge de la mère et des chatons tant sur le plan matériel que sur le plan humain. Le confort et les chances de survie des animaux sont ainsi optimisés.

1.1. Date de la saille

L’ovulation a lieu 24 à 36 heures après la saillie. A partir de cette date, la durée moyenne de gestation est de 65 +/- 1 jours. Mais selon la date qui est prise comme point de repère pour le début (première ou dernière saillie par exemple), la durée de gestation apparente peut varier de 52 à 74 jours. Cependant, au-delà de 72 jours après la première saillie, le terme est considéré comme dépassé.

1.2. Les mesures fœtales par échographie

Le praticien peut estimer approximativement la date de la mise-bas, à partir des mesures de paramètres tels que le diamètre du crâne ou le diamètre abdominal. Dans la plupart des cas on peut estimer la date de mise-bas à 2 jours près. La visualisation échographique de certaines structures, organes ou mouvements permet également d’estimer à quelques jours près le stade de la gestation.

2. Mise-bas eutocique


Peu avant la mise-bas, la chatte peut montrer de l’agitation. Son appétit diminue, et parfois elle recherche intensément la compagnie des humains dont elle est familière. Elle prospecte pour trouver un endroit isolé. Le lieu choisi pour la mise-bas n’est pas toujours celui qui avait été prévu par l’éleveur, et il n’est pas rare que la chatte choisisse finalement de mettre bas sur le lit.

La première phase de la mise-bas proprement dite dure de 6 à 12 heures. Elle correspond à l’ouverture du col de l’utérus. Le stress peut en allonger la durée. A ce stade, les contractions utérines sont peu visibles et peuvent passer inaperçues. Une légère décharge hémorragique vulvaire, en présence des hématomes marginaux placentaires, est parfois observée peu avant la phase d’expulsion.

La deuxième phase est la phase d’expulsion des fœtus. Chez le chat elle peut durer de 4 à 16 heures, mais en général elle est terminée en moins de 6 heures. Cependant, il n’est pas rare qu’un dernier chaton soit expulsé 24 heures, voire plus, après le premier. L’expulsion complète d’un fœtus ne dure que quelques minutes. L’intervalle entre les fœtus est généralement de 5 minutes à 2 heures. 70 % des fœtus naissent la tête en avant, 30 % naissent en présentation caudale. Les fœtus naissant souvent enveloppés par l’amnios. Ils en sont débarrassés par léchage par la mère.

La troisième phase
de la mise-bas est définie par l’expulsion des placentas. Dans la plupart des cas les placentas sont expulsés en même temps que les fœtus, ou 10 à 15 minutes plus tard. Les rétentions placentaires sont très rares chez les chats. Mais comme les chattes mangent tout ou partie des placentas, il n’est pas toujours possible de tous les retrouver.

3. Mise-bas dystocique


3.1. Les causes de dystocie


Dans l’espèce féline, les situations où la mise-bas ne se passe pas normalement sont surtout dues à :
- Une atonie utérine primaire, c’est-à-dire une incapacité de l’utérus à se contracter efficacement pour expulser les fœtus (55 à 60 % des cas)
- Une mauvaise présentation des fœtus (15,5 % des cas)
D’autres causes sont possibles, mais plus rares : disproportion materno-fœtale (malformation d’un fœtus par exemple) ; obstruction de la filière pelvienne (ancienne fracture du bassin de la mère, exostoses…) ; mort des fœtus ; mère malade.

3.2. Le diagnostic de la dystocie


Lorsque le tableau clinique inclut l’un des signes suivants, une dystocie est probable :
- Une décharge vulvaire séro-hémorragique est présente mais aucun fœtus n’est expulsé.
- Des fluides fœtaux ont été émis dans les 2 à 4 heures qui précèdent, sans expulsion fœtale.
- Aucune contraction utérine n’a été observée depuis plus de 2 heures.
- Des contractions utérines intenses sont présentes depuis plus de 30 minutes, sans expulsion de fœtus.
- Un fœtus est visible dans le canal pelvien.
- La mère présente des signes d’abattement, une hyperthermie, une déshydratation ou des symptômes de choc.

L’échographie est le moyen le plus rapide d’obtenir des informations sur la viabilité des fœtus. La fréquence cardiaque est un bon indicateur de la souffrance fœtale : la fréquence cardiaque normale des fœtus est entre 180 et 240 bpm (battements par minute), ou au moins 4 fois la fréquence cardiaque de la mère. Au-dessous de 150 bpm, une intervention obstétricale vétérinaire est indispensable : le taux de survie des chatons diminue avec l’augmentation du délai de prise en charge.

La radiographie permet de visualiser les anomalies liées à la présentation ou la posture des chatons. Elle révèle en outre les autres situations qui empêchent la progression du fœtus dans la filière pelvienne. La mort fœtale peut parfois être diagnostiquée à la radio. Par ailleurs, cet examen permet le dénombrement des fœtus avec beaucoup plus de précision que l’échographie.

La tocographie
est la mesure des contractions utérines. Elle est réalisée à l’aide de capteurs placés sur l’abdomen de la femelle. Bien qu’intéressante, elle est très peu répandue en pratique vétérinaire.

3.3. Le traitement de la dystocie

Le traitement de la dystocie dépend de la cause, et du stade auquel la femelle est présentée.

Les manipulations obstétricales sont indiquées lorsque le fœtus est déjà engagé dans la filière pelvienne, qu’il est accessible depuis l’extérieur et que le manipulateur est certain que la portion non visible du fœtus présente une taille compatible avec le diamètre de la filière pelvienne de la mère. Compte-tenu du risque infectieux, il est préférable de faire appel à un manipulateur expérimenté.

Le traitement médical
est indiqué lorsque la cause de dystocie est une absence ou une inefficacité des contractions utérines. Il est indispensable qu’un diagnostic de certitude ait été établi avant d’entreprendre tout traitement par l’ocytocine, car cette molécule utérokinétique n’est efficace que si ses récepteurs sont présents en quantité suffisante, ce qui n’est le cas que dans les heures qui entourent la mise-bas. Si elle est administrée trop fréquemment ou à une dose trop élevée, elle provoque une tétanie du muscle utérin, qui ne peut plus se contracter pendant une période plus ou moins longue. Enfin, l’ocytocine provoque des contractions utérines très puissantes et donc douloureuses, qui peuvent conduire à une rupture de l’utérus en cas d’obstacle à la progression du fœtus dans la filière pelvienne.
Les contractions utérines étant consommatrices de calcium, une complémentation par voie intraveineuse lente peut s’avérer nécessaire. Elle ne peut être effectuée que dans une structure médicalisée car les perfusions de calcium ont des effets potentiellement néfastes sur l’activité cardiaque de la mère.

Un traitement chirurgical
est nécessaire lorsque la femelle ne répond pas à un traitement médical, ou d’emblée lorsque qu’il y a une souffrance fœtale, une malformation fœtale, dans le cas des races brachycéphales, lors de torsion utérine etc… Ce traitement passe par une hystérotomie (césarienne). En raison des complications potentielles (douleur postopératoire, risque d’agalactie, conséquences sur la reproduction ultérieure…), ses indications doivent être respectées.
Les mesures d’anesthésie et de réanimation ont pour but d’assurer l’oxygénation de la mère et des fœtus, de maintenir le volume sanguin de la mère, de minimiser la sédation des fœtus et de contrôler la douleur chez la mère, afin de limiter les effets néfastes de celle-ci sur le début de la lactation, le comportement de maternage et la formation du lien entre la mère et les chatons, ainsi que sur la cicatrisation. Il a été démontré que les morphiniques sont adaptés à l’analgésie de la césarienne. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens doivent être administrés dans les jours qui suivent la césarienne, car ils passent très peu dans le lait.
L’intervention chirurgicale doit se dérouler rapidement pour limiter le temps d’anesthésie. Les placentas peuvent être laissés dans l’utérus s’ils ne se détachent pas facilement. Afin de respecter l’asepsie, la présence de personnes étrangères au bloc opératoire est à exclure pendant l’intervention.


Prise en charge du chaton nouveau-né


La période néonatale désigne les 2 à 3 premières semaines de vie. Elle est caractérisée par une dépendance complète des chatons vis-à-vis de leur mère.

1. Biologie du chaton nouveau-né


1.1. La fonction cardio-vasculaire

Dans les jours qui suivent sa naissance, la fonction cardiaque est immature et le chaton n’est pas capable d’augmenter sa fréquence cardiaque, ce qui limite les échanges gazeux. Il ne peut donc pas faire face à des agressions telles qu’une hypoxie, des désordres métaboliques (acidose/alcalose) ou une hyperthermie.

1.2. La fonction rénale


L’eau représente 80 % du poids d’un chaton (contre 60 % chez l’adulte). Les pertes en eau sont plus marquées que chez l’adulte, et la capacité de réabsorption rénale de l’eau est limitée. Les besoins en eau sont donc plus importants que chez l’adulte : 13 à 22 ml/100 g/j chez le chaton, contre 60 ml/kg/j chez l’adulte. Les nouveau-nés sont donc sujets à la déshydratation, et les médicaments administrés doivent être adaptés à leur jeune âge.

1.3. La fonction hépatique

Le foie du chaton n’est pas capable de transformer les médicaments de la même façon que celui des adultes. Certains médicaments inoffensifs chez l’adulte peuvent être toxiques chez le chaton. Faute d’études spécifiques, de nombreuses données pharmacologiques manquent chez les jeunes animaux. Les médicaments sont donc à employer avec prudence.

1.4. La fonction immunitaire

A la naissance, le colostrum fournit aux jeunes carnivores les immunoglobulines maternelles, qui les protègeront jusqu’à l’âge de 5 à 6 semaines, après quoi il est important que les vaccins soient réalisés. Cependant les chatons restent vulnérables pendant quelques jours, entre la fin de l’efficacité des immunoglobulines colostrales et la mise en place de l’immunité active induite par les vaccins.

1.5. La régulation de la glycémie

Les chatons nouveau-nés peuvent maintenir leur glycémie quelques heures après la naissance. Mais leurs réserves hépatiques étant très limitées, un jeûne même minime peut induire une hypoglycémie. De plus les mécanismes de régulation de la glycémie sont immatures.

1.6. La thermorégulation

La capacité à fabriquer de la chaleur est réduite chez le chaton, de plus les pertes thermiques sont plus importantes que chez l’adulte. La vasoconstriction réflexe est limitée, et le réflexe de tremblement n’est pas opérationnel. Il est donc important que la portée soit maintenue dans un environnement chauffé de façon adaptée, et que la mère puisse rester avec les chatons.
Face à une hausse brutale de la température, les chatons nouveau-nés sont capables de se refroidir par halètement, jusqu’à un certain seuil.

2. Prise en charge du chaton nouveau-né


Lorsque la mise-bas se passe normalement, la mère s’occupe elle-même des chatons : elle ôte les enveloppes fœtales restantes, rompt le cordon et stimule la respiration par léchage des nouveau-nés.

Lors de césarienne, il convient de :
- Dégager les chatons des enveloppes, par arrachage soigneux des membranes ;
- Dégager les voies respiratoires en ôtant le mucus exhalé, ou avec un mouche-bébé. Il ne faut pas aspirer trop fort, au risque de provoquer des lésions des poumons ;
- Vérifier la présence du réflexe de succion ;
- Inspecter les chatons pour évaluer la présence de malformations ;
- Mesurer les fréquences cardiaque (200 bpm environ) et respiratoire (environ 15 mouvements par minute) ;
- Effectuer les soins du cordon (section, désinfection) ;
- Vérifier l’émission du méconium.
Il n’est pas recommandé de secouer les chatons en arc de cercle, car cette manœuvre pourrait provoquer des lésions irréversibles de l’encéphale.

Dans les premiers jours de vie, la prise de poids est de 7 à 10 g/j environ. Sauf s’il existe de bonnes raisons de s’inquiéter, une pesée hebdomadaire suffit. Si les chatons paraissent abattus, la température rectale peut être évaluée : la température normale du chaton est de 37 °C à 15 jours et 38,5 °C à 1 mois.
Lorsque tout se déroule normalement, il est préférable de ne pas multiplier les manipulations des chatons, car celles-ci sont une source de stress pour la mère, même si elle est bien familiarisée, et peuvent avoir des conséquences sur la qualité des soins qu’elle prodigue à sa portée ou sur sa production de lait.

3. Les principaux troubles du très jeune chaton

Le chaton naît à un stade très immature de son développement, mais il bénéficie d’un potentiel de récupération remarquable. C ‘est pourquoi, face à une maladie, il est toujours intéressant de tenter un traitement, même si le chaton est très jeune.

3.1. L’hypoxie

L’hypoxie n’est pas facile à déceler chez les chatons nouveau-nés, d’autant qu’une acidose métabolique et respiratoire est normale à cette période de la vie. Mais si elle dure plus de 3 heures, il faut la prendre en charge médicalement. Elle se manifeste par des efforts respiratoires avec une augmentation de la fréquence respiratoire, et une distension abdominale due à l’aérophagie.

3.2. L’hypothermie


Une température rectale inférieure à 35,5 °C indique une hypothermie majeure et nécessite une prise en charge immédiate. Au-dessous de 34 °C le réflexe de succion disparaît et un iléus intestinal apparaît. Il est donc indispensable de traiter l’hypothermie avant de réalimenter le chaton.

3.3. L’hypoglycémie

Le jeûne est la première cause d’hypoglycémie, mais celle-ci peut aussi être due à des anomalies congénitales (shunt porto-systémique, nanisme hypophysaire…). Dans un premier temps, les symptômes sont une irritabilité, des cris incessants, des tremblements, un appétit accru. Par la suite un abattement, voire une léthargie s’installent. En l’absence de traitement, un coma et la mort s’ensuivent.
Les administrations exogènes de glucose étant peu efficaces chez le chaton nouveau-né, le traitement passe par une complémentation en glucose sous forme de dextrose. Ce traitement est irritant et nécessite une hospitalisation de l’animal.

3.4. La déshydratation

Le jeune animal est sensible à la déshydratation, qui se manifeste par des muqueuses collantes ou sèches (le pli de peau n’est pas interprétable chez le tout jeune). Les causes les plus fréquentes sont la diarrhée, les vomissements, l’absence de tétée, une température extérieure excessive. Une pneumonie peut également en être à l’origine. Le traitement repose sur la réhydratation par voie intraveineuse lorsque c’est possible, voire intra-osseuse, mais cette voie est d’un abord délicat.

3.5. Le syndrome de dépérissement du nouveau-né

Le syndrome de dépérissement du nouveau-né se manifeste, dès la naissance ou un peu plus tard, par des signes d’hypothermie, d’hypoglycémie et de déshydratation. Le pronostic est très réservé. Les infections bactériennes et les troubles respiratoires sont les principales causes de ce syndrome, mais d’autres affections peuvent être en cause (maladies congénitales, anomalies génétiques, maladie de la mère…). La prise en charge des chatons passe par l’identification de l’affection en cause, si c’est possible, et par des traitements symptomatiques.

3.6. La maladie hémolytique du chaton

La maladie hémolytique du nouveau-né, caractérisée par la destruction des globules rouges, est l’une des causes majeures de mortalité néonatale dans l’espèce féline.
Le sang des chatons de groupe sanguin A issus du croisement entre une femelle du groupe B et un mâle du groupe A subit une hémolyse après l’absorption du colostrum, qui contient des anticorps anti-A de la mère. L’hémolyse apparaît quelques heures à quelques jours après l’absorption du colostrum. Le signe clé est une hématurie. Un ictère, une anémie et un syndrome de dépérissement peuvent aussi être observés. Les chatons qui survivent développent parfois une nécrose de l’extrémité de la queue.
Dès les premiers signes, les chatons doivent être séparés de la mère et allaités artificiellement. Lors d’anémie marquée, il convient de les transfuser avec du sang maternel, préalablement débarrassé des anticorps anti-A par lavage. Après 3 jours de vie, si une autre transfusion est nécessaire, il faut utiliser du sang de groupe A car les chatons commencent à leur tour à produire des anticorps anti-B.
En remplacement du colostrum maternel, il est possible de faire avaler du colostrum d’une femelle de groupe A ou d’administrer du sérum de chat adulte de type A par voie parentérale.
La prévention de l’hémolyse repose sur le groupage sanguin des reproducteurs, ou sur la séparation des chatons de type A pendant les 16 à 24 premières heures de vie pour empêcher la consommation du colostrum de la mère de type B.

Conclusion :

Les troubles qui affectent la chatte ou les chatons pendant la gestation ou dans la période post-natale ont tendance à interférer les uns avec les autres, il est donc important de prendre en charge rapidement les affections. La santé de la mère retentit souvent directement sur celle des chatons, la chatte et ses chatons sont donc à considérer comme une unité, à prendre en charge en tant que telle.

Glossaire :


Agalactie : absence de production laitière.
Brachycéphales : races à tête courte et museau plat (persan, exotic shorthair…).
Dystocie : mise-bas pathologique.
Eutocique : se dit d’une mise-bas se déroulant sans problème.
Exostoses : proliférations osseuses.
Hématurie : présence de sang dans les urines.
Hémolyse : destruction des globules rouges.
Ictère : jaunisse.
Iléus : arrêt du transit digestif.
Méconium : selles fœtales émises à la naissance.
Shunt porto-systémique : anomalie vasculaire dans laquelle le foie est court-circuité.
Voie parentérale : voie injectable.



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Insémination artificielle

Message par Eowyn le Mar 20 Nov 2012 - 15:36

L’INSEMINATION ARTIFICIELLE CHEZ LE CHAT (conférence du Dr Vét. Fernando Mir)


L’insémination artificielle (IA) chez le chat a suscité un fort intérêt scientifique au cours de la dernière décennie. Il y a une forte demande de la part des éleveurs de chats, tant pour finaliser des accouplements considérés comme quasi impossibles (difficultés à détecter les chaleurs, refus de la saillie, faible libido du mâle…) que pour pouvoir utiliser de la semence préalablement réfrigérée ou congelée. Par ailleurs, le chat est un modèle idéal pour améliorer les techniques de reproduction assistée à destination des félins sauvages, dont la biodiversité est menacée.
Un certain nombre de contraintes rendent cependant difficile la pratique courante des IA. L’apparition des chaleurs et l’induction de l’ovulation ne sont pas encore maîtrisées avec précision. La mise en œuvre de l’IA nécessite toujours une anesthésie générale. La récolte de la semence chez le mâle est aussi une procédure lourde qui nécessite presque toujours une anesthésie générale. Le faible volume d’éjaculat récolté, la présence relativement importante de formes spermatiques anormales et la difficulté pour conserver la semence constituent autant d’obstacles supplémentaires à la réussite d’une IA.

Le prélèvement de la semence chez le mâle :


L’utilisation d’un vagin artificiel est la technique idéale de récolte de la semence, car elle ne nécessite pas d’anesthésie générale et autorise des prélèvements répétés. Cette méthode permet de récolter de 14 à 45 millions de spermatozoïdes. Mais il est indispensable que le chat soit préalablement bien entraîné, et la réalisation du prélèvement peut s’avérer délicate en situation de stress (clinique vétérinaire, déplacement hors de l’élevage).

L’électro-éjaculation est la seule méthode réalisable chez les félidés sauvages, et la plus fréquemment utilisée chez les chats domestiques. L’anesthésie générale et la répétition du protocole d’électrostimulation peuvent prolonger la durée du prélèvement pour atteindre 30 voire 60 minutes. La concentration de l’éjaculat obtenue peut être très variable, de 320 000 à 49 millions de spermatozoïdes. Au moins 2 séances sont nécessaires avant de pouvoir conclure sur le potentiel reproducteur du mâle.

Une équipe a mis au point une technique de prélèvement par cathétérisme urétral. Une sédation forte à la médétomidine (130 à 150 microg/kg) provoque la libération de semence dans l’urètre prostatique. Elle est récupérée par capillarité à l’aide d’un cathéter urinaire coupé à une longueur de 9 cm.

Le choix du moment le plus approprié pour l’insémination :


Les chaleurs peuvent être induites par l’utilisation d’analogues de la FSH. Mais en raison du risque d’obtenir une ovulation de mauvaise qualité, à cause de l’hyperstimulation ovarienne, il est préférable d’inséminer sur des chaleurs naturelles. Celles-ci sont repérées par le comportement d’œstrus, et en cas de doute par un frottis vaginal. Chez les félins sauvages, on peut mesurer l’œstradiol dans les fèces.

Le protocole d’insémination préconisé dans les publications les plus récentes consiste à administrer 100 UI d’hCG entre le 3ème et le 4ème jour des chaleurs, puis de faire une IA intra-utérine par voie chirurgicale 24 à 30 heures plus tard. Une autre équipe propose un suivi échographique de la croissance folliculaire, avec une induction de l’ovulation lorsque les follicules ont atteint la taille pré-ovulatoire, estimée à 3,5 +/- 0,04 mm. Ce suivi échographique est cependant difficile à mettre en œuvre.

La technique d’IA à adopter :


D’après des travaux publiés en 2000, les chattes inséminées par voie intra-vaginale avec 20 millions de spermatozoïdes ont un taux de gestation de 6 %. Dans cette même étude, 80 % des chattes ont été gestantes après IA intra-vaginale avec 80 millions de spermatozoïdes. L’éjaculat obtenu par électro-éjaculation contenant en moyenne 11 millions de spermatozoïdes, l’insémination intra-vaginale est rarement applicable en pratique.

La même année, une autre équipe a obtenu un taux de gestation de 80 % après IA intra-utérine par laparotomie avec 8 millions de spermatozoïdes vivants. Lorsque de la semence congelée était utilisée, le taux de gestation était de 57 % après IA intra-utérine avec 50 millions de spermatozoïdes dont 30 % présentaient une bonne mobilité.

Des résultats après IA intra-utérine par voie transcervicale ont été publiés en 2007 : le taux de gestation était de 37 à 41 %, l’IA ayant été pratiquée avec 20 millions de spermatozoïdes montrant une mobilité de 70 % au test de décongélation. En France, au CERCA, une thèse vétérinaire de 2011 rapporte 3 chattes gestantes sur 11 chattes dont 8 ont ovulé, par la technique d’IA par voie transcervicale en semence fraîche.

En 2001, une équipe a rapporté 3 gestations sur 7 avec 4 millions de spermatozoïdes administrés par IA intra-oviductale.

Conclusion :


L’insémination artificielle féline est une technique en cours de développement. Pour l’instant, seul le CERCA à Maisons-Alfort est en mesure de pratiquer des IA sur des félins, en France et pour une bonne partie de l’Europe. Des résultats encourageants permettent d’espérer une nette amélioration des taux de gestation dans les années qui viennent.

Glossaire :

CERCA : Centre d’Etude en Reproduction des Carnivores.
FSH : Follicle Stimulating Hormon.
hCG : human Chorionic Gonadotropin (analogue de la LH = Luteinizing Hormon).
Laparotomie : accès aux viscères abdominaux par ouverture chirurgicale de la paroi abdominale.
Médétomidine : molécule sédative de la famille des alpha2-agonistes.
Voie transcervicale : par la lumière du col utérin.


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Re: Séminaire 2012 de la Société Française de Félinotechnie : la reproduction féline

Message par Félix le Mar 20 Nov 2012 - 21:19

Il est bon de voir que malgré ce qui à été écrit ici précédemment la médecine vétérinaire n'est pas à la traine dans cette démarche.
Il reste à souhaiter un rapide progrès dans la concervation. C'est pour moi la facette la plus intéressante dans ce protocole.

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Stérilisation précoce

Message par Eowyn le Lun 26 Nov 2012 - 18:58

MISE EN ŒUVRE, INTERETS ET LIMITES DE LA STERILISATION PRECOCE CHEZ LE CHAT (conférence du Dr Vét. Anne Gogny)

La stérilisation précoce est une ablation des ovaires ou des testicules réalisée avant la puberté. Chez le chat, ceci concerne les animaux âgés de moins de 4 mois.
La stérilisation précoce, voire ultraprécoce (avant l’âge de 2 mois) est routinière aux USA. Cette pratique n’est en revanche pas habituelle en Europe. Or, si elle présente des limites, la stérilisation précoce a surtout un certain nombre d’avantages.

Les intérêts de la stérilisation précoce :

• Un meilleur contrôle de la reproduction :

La stérilisation précoce permet de contrôler les gestations avant que l’animal ne soit en mesure de se reproduire, et ce de façon immédiate et définitive.

• La diminution des complications chirurgicales :

Chez les animaux castrés avant l’âge de 12 semaines, le taux de complications mineures est de 6,5 %, contre 10,8 % chez les animaux opérés après l’âge de 23 semaines. Ce sont surtout des déhiscences de sutures ou des réactions inflammatoires en regard de la plaie chirurgicale.

• Une diminution des maladies infectieuses et générales :

Les chats castrés sont moins sujets aux abcès, en raison de la diminution de leur agressivité, et ceci est plus marqué chez les chats castrés avant l’âge de 5 mois et demi. La castration avant cet âge diminue également le risque de développer de l’asthme ou de la gingivite.

• Une diminution des tumeurs mammaires :

Chez les chattes stérilisées avant l’âge de 6 mois, le risque de développer des tumeurs mammaires ne représente que 9 % du risque encouru par la population générale. Lorsque la chatte est opérée entre 6 mois et 1 an, le risque est 14 % de celui de la population générale, d’où l’intérêt de réaliser la stérilisation tôt dans la vie de la chatte, d’autant plus que dans cette espèce 80 à 90 % des tumeurs mammaires sont cancéreuses.

• Un comportement plus agréable pour le propriétaire :

Les chats castrés avant l’âge de 5 mois et demi ont une tendance moindre à l’hyperactivité, et se montrent moins agressifs envers le vétérinaire. En revanche, la timidité envers les étrangers et le besoin de se cacher sont augmentés.
Le marquage urinaire est diminué de façon plus sensible chez les animaux castrés avant la puberté.

• Une diminution du stress péri-opératoire :

Les jeunes animaux ayant moins de tissu adipeux, l’abord chirurgical est plus facile pour le vétérinaire, d’où une manipulation moins invasive des organes et une durée d’intervention plus courte. En outre, le très jeune animal récupère mieux et plus vite de l’intervention. Il serait donc moins sujet au stress péri-opératoire si la durée d’hospitalisation est courte, si l’animal est pris en charge dans de bonnes conditions de confort et s’il reçoit une analgésie adaptée.


Les limites de la stérilisation précoce :

• Le caractère irréversible de la stérilisation chirurgicale :

Qu’elle soit précoce ou non, la stérilisation chirurgicale est irréversible, ce qui peut être perçu comme un inconvénient.

• La douleur associée à l’intervention chirurgicale :

Comme tout acte invasif, la castration ou l’ovariectomie induisent une douleur et un stress. Néanmoins, ceux-ci peuvent être contrôlés par un bon plan d’analgésie.

• Une capacité limitée des jeunes à tolérer l’anesthésie :

Les systèmes de régulation qui visent à maintenir l’homéostasie ne sont pas matures chez le très jeune chaton : il est incapable de réguler sa fréquence cardiaque, il est plus sensible à l’hypoglycémie et à l’hypothermie, et il métabolise mal les médicaments, d’où une augmentation du risque anesthésique. L’âge auquel ce risque redevient acceptable pour une intervention de convenance reste discuté. Cependant, avec les progrès réalisés en anesthésie ces dernières années, il semble qu’à partir de 8 à 10 semaines le risque anesthésique soit descendu sous un seuil acceptable.

• Une taille réduite qui pourrait compliquer l’acte chirurgical :

La plupart des chats atteignent leur taille adulte vers 7 à 8 mois. Chez la femelle, les organes génitaux sont en place dès la naissance, et subissent peu de variations morphologiques. Leur position et leur taille ne constituent pas un problème pour le vétérinaire.
Chez le mâle, les testicules atteignent leur taille définitive vers la puberté, et peuvent être relativement petits avant cet âge. Il est rare cependant que la taille des organes soit de nature à gêner le chirurgien. En revanche, il est recommandé de ligaturer la veine testiculaire et le conduit déférent plutôt que de les nouer ensemble, car ces structures sont plus fragiles chez le jeune que chez l’adulte.
La castration peut s’avérer difficile en raison de la mobilité des testicules. Ainsi, un diagnostic définitif de cryptorchidie ne peut pas être établi avant l’âge de 8 mois. Certains chats ne peuvent donc pas être castrés le jour du rendez-vous opératoire car l’un ou les deux testicules sont momentanément absents du scrotum.

• Une croissance modifiée :

Chez les chats castrés avant 7 semaines, le développement du frein balano-préputial est arrêté, ce qui empêche l’extériorisation complète du pénis. Ce défaut anatomique ne semble pas avoir de conséquence clinique pour l’animal.
Chez le chien, la castration précoce tend à augmenter l’incidence des fractures de Salter-Harris (décollements des extrémités des os longs). Ceci n’a pas été clairement établi chez le chat. Néanmoins, il a été montré que la stérilisation avant la puberté augmente la croissance des os longs et donc la taille des animaux.

• Des complications métaboliques et endocrinologiques potentielles :

L’obésité est une complication très fréquente de la stérilisation, car le métabolisme diminue et l’appétit augmente. De plus, la castration augmente la sécrétion de prolactine et d’IGF-1, deux facteurs impliqués dans le développement du tissu adipeux. Contrairement au chien, chez qui la stérilisation précoce tend à diminuer le risque d’obésité, l’âge auquel est pratiquée la stérilisation ne semble pas influencer le risque d’obésité chez le chat. De même, le risque de diabète sucré est multiplié par neuf chez les chats castrés, quelque soit l’âge lors de la stérilisation.
Il semble que les calculs urinaires ne soient pas liés à la castration proprement dite. Ils seraient simplement secondaires à l’obésité. Le diamètre de l’urètre des chats mâles n’est pas modifié par la castration. En revanche, le diamètre de l’urètre antépelvien est réduit chez les chattes opérées avant l’âge de 7 semaines. Mais en pratique, les chattes sont peu sujettes aux obstructions urétrales car leur urètre est court.


Mettre en œuvre une stérilisation précoce :


Les jeunes chatons étant souvent infestés par des vers intestinaux, il faut leur administrer un traitement antiparasitaire adapté avant tout acte chirurgical. Un examen clinique approfondi est essentiel avant l’intervention, afin de dépister d’éventuelles anomalies congénitales (cardiaques, hépatiques…) pouvant interférer avec l’anesthésie. Toutefois, quelques soient les précautions prises, un risque péri-anesthésique existe toujours.
La diète pré-opératoire du chaton doit être limitée à 2 heures, afin de limiter l’hypoglycémie. Chez les chatons de moins de 8 semaines, un dosage de la glycémie est recommandé avant l’intervention. Les chatons doivent être pesés avec précision pour adapter les doses d’anesthésiques.
L’hypothermie, risque majeur chez les chatons, peut être prévenue au moyen d’un tapis chauffant ou de bouillottes. Un cathéter veineux et une sonde trachéale seront obligatoirement mis en place. Du matériel de pédiatrie humaine (sondes trachéales de 2 mm de diamètre) peut être utilisé pour les chatons.
De nombreux protocoles anesthésiques sont possibles. Toutefois les alpha2-agonistes seront utilisés avec précaution chez les très jeunes animaux, en raison de leurs effets cardiodépresseurs.
Toutes les techniques chirurgicales recommandées pour la stérilisation des chats mâles et femelles sont utilisables en stérilisation précoce. Pour l’ovariectomie, l’abord par la ligne blanche est à privilégier car elle permet une bonne visualisation des organes et diminue le risque de léser accidentellement des tissus. La coelioscopie présente peu d’intérêt en raison de la petite taille des très jeunes chattes.
Le plan d’analgésie doit inclure de la morphine ou l’un de ses dérivés, ainsi qu’un anti-inflammatoire non stéroïdien. Celui-ci doit être prescrit pendant quelques jours après l’intervention.

Conclusion :

La stérilisation précoce présente l’avantage d’un contrôle strict de la reproduction. Tous les effets, indésirables ou souhaitables, de la stérilisation précoce ne sont pas encore complètement définis. Néanmoins, les inconvénients semblent mineurs en regard des avantages, notamment la prévention des tumeurs mammaires, affection difficile à traiter chez la chatte.


Glossaire :


Alpha2-agonistes : famille de molécules sédatives utilisées en anesthésie vétérinaire.
Analgésie : lutte contre la douleur.
Cryptorchidie : absence d’un ou des deux testicules du scrotum. Le testicule cryptorchide peut se trouver dans l’abdomen ou en région inguinale.
Déhiscence : ré-ouverture spontanée d’une suture chirurgicale.
Homéostasie : maintien à leur valeur normale des différentes constantes physiologiques de l’individu (température, tonus cardiovasculaire, composition du sang, etc…)
Ligne blanche : bande fibreuse longitudinale ventrale faisant la jonction entre la partie droite et la partie gauche des muscles ventraux de l’abdomen.
Urètre antépelvien : partie de l’urètre qui se trouve en avant du bassin.


Dernière édition par Eowyn le Lun 26 Nov 2012 - 19:05, édité 1 fois

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La visite sanitaire

Message par Eowyn le Lun 26 Nov 2012 - 19:05

LA VISITE SANITAIRE EN ELEVAGE FELIN : QU’EN ATTENDRE ? (conférence du Dr Vét. Cassandre Boogaerts)

La visite d’élevage a pour but la mise en place d’un suivi sanitaire préventif de l’élevage. Elle aboutit à des conseils d’amélioration et non à des sanctions. Elle permet la mise en place d’un « plan sanitaire d’élevage » personnalisé. Elle est conditionnée par une confiance réciproque et la formation des vétérinaires.


1. Le contexte actuel

Contexte législatif : décret n° 2008-871 du 28 août 2008 (Code Rural et de la Pêche Maritime, article R. 214-30). « La personne responsable de l’activité fait procéder au moins deux fois par an à une visite des locaux par le vétérinaire de son choix. Ce vétérinaire est tenu informé sans délai de toute mortalité anormale ou de toute morbidité répétée des animaux. Il propose, le cas échéant, lors de ses visites annuelles, par écrit la modification du règlement sanitaire. Le compte-rendu de ses visites ainsi que ses propositions sont portés sur le registre de suivi sanitaire et de santé mentionné à l’article R214-30.3. »

Les activités concernées sont celles mentionnées au paragraphe IV de l’article L. 214-6 :

- Fourrière ou refuge
- Elevage
- Exercice à titre commercial des activités de vente, de transit ou de garde, d’éducation, de dressage et de présentation au public de chiens et de chats.

On parle d’élevage à partir de 2 portées vendues par an.
Un arrêté du ministre chargé de l’agriculture peut prévoir des dérogations à ces obligations en fonction de la taille et de la nature de l’activité.

L’éleveur choisit le vétérinaire pratiquant les visites. Idéalement, le même vétérinaire devrait pratiquer les visites, les vaccins, les césariennes etc… pour un meilleur suivi de l’élevage.

L’implication des vétérinaires en élevage est encore faible. Une enquête pratiquée en 2000 a montré que parmi les vétérinaires possédant des clients éleveurs de chiens, 22% s’étaient déjà rendus dans au moins un élevage de leur clientèle. Seuls 12 % des vétérinaires praticiens estimaient avoir reçu dans les écoles vétérinaires une formation adaptée concernant l’élevage du chien et du chat.


2. Démarche globale

La visite d’élevage mise sur une détection précoce des problèmes, pour pouvoir réagir et éviter qu’ils ne s’aggravent (par exemple : selles molles – coproscopie – réadaptation du protocole de vermifugation – pas de diarrhée).

L’éleveur doit préparer pour la visite :

- Les registres : entrée/sortie, livre sanitaire, autre…
- S’ils existent, les plans des locaux
- Les fiches individuelles des reproducteurs : suivi reproduction, suivi parasitisme etc…

Avant la première visite, l’éleveur rempli un pré-questionnaire. Il est impératif de répondre de manière objective. Le pré-questionnaire est à remplir une seule fois, sauf en cas de changement de vétérinaire.

Exemple du pré-questionnaire de l’UMES en projet :
- Questions sur l’éleveur
- Questions sur la structure
- Questions sur les animaux
- Questions sur le fonctionnement
- Questions sur la reproduction
- Questions sur l’alimentation


3. Déroulement de la visite


Le vétérinaire appuie sa visite sur un questionnaire dans lequel il note ce qu’il voit, en vue de la rédaction de son rapport.

La visite doit respecter le principe de la marche en avant : on commence par la maternité, puis la nurserie, puis les adultes, puis l’infirmerie, puis le local de quarantaine. Le vétérinaire doit porter des surchaussures. Le vétérinaire évalue les paramètres d’ambiance (température, ensoleillement, odeurs…) et la présence de parasites (observation des selles, de la peau…). Il vérifie les conditions de stockage de l’alimentation (les sacs de croquettes ne doivent pas être vidés dans les containers) et des médicaments. Les mesures d’hygiène sont évaluées. Il faut savoir que le pédiluve est peu efficace, il vaut mieux utiliser des surchaussures. La présence éventuelle d’autres animaux sur le site est également notée.


4. Le rapport de visite

A l’issue de la visite, le vétérinaire fait le bilan des données recueillies, gère les prélèvements éventuels à effectuer, et effectue une synthèse écrite:

- Etat des lieux
- Les points positifs
- Les points à améliorer
- Propositions d’amélioration
- Révision du règlement sanitaire

Concernant le règlement sanitaire, un arrêté est en cours de rédaction. Il sera établi en collaboration avec les éleveurs et les vétérinaires. Il détermine les conditions d’exercice de l’activité :

- Pour préserver la santé et le bien-être des animaux
- Pour préserver la santé et le bien-être du personnel

Il concerne tous les axes de l’élevage.


Conclusion :

Ce décret crée des contraintes supplémentaires, mais il a pour conséquences :

- Un établissement ou un renforcement de la collaboration éleveur/vétérinaire
- Une implication des vétérinaires en matière d’élevage
- Une amélioration de la conduite d’élevage
- Une amélioration des performances et de la qualité.


« Faciles à voir sont les fautes d’autrui ; celles du soi sont difficiles à voir. » Bouddha


Glossaire :

Coproscopie
: analyse des selles.
Morbidité : présence d’animaux malades dans un effectif.
UMES : Unité de Médecine de l’Elevage et du Sport (Ecole Vétérinaire de Maisons-Alfort).



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